Greffes rénales au CHRU de Tours : 2000 greffes en 30 ans !

2015 est une année importante pour les néphrologues du CHRU de Tours et pour l’ensemble de la communauté hospitalo-universitaire du Centre et de la FHU SUPORT : le 25 septembre dernier, les équipes hospitalo-universitaires du CHRU de Tours et quelques unes des personnalités reconnues dans le domaine, ont célébré 30 ans de greffe de rein à Tours.

Mi-mars 2015, la 2000ème transplantation rénale a été effectuée au CHRU de Tours. C’est l’occasion de revenir sur les fantastiques progrès de la médecine au cours de cette période et de rendre hommage à l’un des pionniers de l’activité de transplantation rénale à Tours, le Pr Yvon Lebranchu.

Un peu d’histoire

Depuis les années 50, les équipes médicales mettaient beaucoup d’espoir dans la transplantation rénale, mais les problèmes immunitaires (risque de rejet) rendaient tous les résultats décevants, alors même que jusqu’au début des années 1970, l’accès à un traitement des patients atteints d’insuffisance rénale à un stade très avancé était très difficile. Ensuite, des techniques de dialyse ont été progressivement développées, permettant à un certain nombre de patients de survivre, alors qu’auparavant ils étaient condamnés.

Ensuite, grâce à la découverte de nouvelles molécules pharmacologiques et à une meilleure connaissance du système immunitaire, les greffons restaient en moyen plus longtemps en place chez les receveurs, à partir des années 1980.

Au CHRU de Tours

Après une première tentative de transplantation rénale en 1978 au CHRU de Tours (qui s’est soldée par un échec quasi immédiat), le programme a été gelé jusqu’en 1985. C’est alors cette année que, sous l’impulsion des Pr Bagros et Nivet et la responsabilité du Pr Lanson et du Pr Lebranchu, que la première greffe rénale a eu lieu, le 20 octobre 1985. Le receveur du rein a pu vivre avec un greffon fonctionnel jusqu’en 1996. L’activité a ensuite été marquée par une augmentation par palier. En effet, si le nombre de greffes en 1995 était stabilisé autour de 50 par an et autour de 80 en 2005, le nombre de greffes rénales annuel ne cesse d’augmenter, pour dépasser plus de 100 transplantations rénales par an en 2007.

Depuis 5 ans, l’activité se situe entre 110 et 130 greffes rénales par an. Il s’agit d’un élargissement des indications des greffes. Un enfant en bas âge (22 mois) a ainsi reçu un greffon rénal et des greffes ont été réalisées chez des patients de plus de 80 ans. Le prélèvement d’un rein chez des donneurs vivants (on peut donner un rein à un proche à condition d’être en excellente santé) est de plus en plus fréquemment proposé et effectué au CHRU de Tours (14 transplantations à partir de donneurs vivants en 2014).

Cette augmentation d’activité a été rendue possible grâce à une structuration autour de la transplantation rénale au sein du service de Néphrologie-Immunologie Clinique, mais aussi grâce au dynamisme des services d’urologie, d’histologie, des laboratoires biologiques, des services d’imagerie et du personnel dédié entièrement à cette activité qui nécessite une prise en charge particulièrement adaptée (diététicienne, coordinatrices de transplantation, psychologues).

photo Y LEBRANCHU 25 09 15Pr Yvon Lebranchu (photo) a débuté le programme de transplantation rénale au CHRU de Tours en 1985. Sous son impulsion, cette activité a augmenté avec toujours une exigence inchangée sur la qualité des soins et du suivi des transplantés. Ceci a permis d’atteindre plus de 2000 greffes rénales à Tours avec une cohorte active proche de 1500 patients greffés. La transplantation a été définie il y a peu comme un axe prioritaire CHRU, cela est en grande partie du à l’action compétente, dynamique et fédératrice de Yvon Lebranchu. Pédagogue hors du commun, Yvon Lebranchu sait faire comprendre des mécanismes complexes. Il utilise souvent des métaphores ce qui donne parfois l’impression que l’immunologie est accessible à nous tous. Il a participé à la création du DIU de transplantation (unique en France) et du Master 2 Relation Greffon Hôte qui restent aujourd’hui parmi les enseignements de référence en transplantation d’organe et de tissu. Incontestablement Yvon Lebranchu a compris très tôt l’importance de la recherche au sein du CHU. Il a toujours soutenu la recherche clinique et créé des équipes de recherche dans la transversalité (from bench to bedside). (256 articles référencés). Yvon Lebranchu est toujours actif, en tant que Membre de l’Académie de Médecine, consultant à l’ARS et dans le cadre de l’équipe de recherche EA 4245 où il compte mener à terme plusieurs projets (http://cdg.univ-tours.fr/accueil/).

Donner un rein à un proche à condition d’être en excellente santé est de plus en plus fréquemment proposé et effectué au CHRU de Tours (14 transplantations à partir de donneurs vivants en 2014). « Nous sommes actuellement en situation de pénurie d’organes. […] On entre dans un changement de paradigme en France : pour contourner cette pénurie, l’idéal est maintenant d’être greffé avec un donneur vivant sans passer par la dialyse : c’est ce qu’on appelle une greffe préemptive. » Pr Yvon Lebranchu (La Nouvelle République, le 26/06/15. Cette augmentation d’activité a été rendue possible grâce à une structuration autour de la transplantation rénale au sein du service de Néphrologie-Immunologie Clinique, mais aussi grâce au dynamisme des services d’urologie, d’histologie, des laboratoires biologiques, des services d’imagerie et du personnel dédié entièrement à cette activité qui nécessite une prise en charge particulièrement adaptée (diététicienne, coordinatrices de transplantation, psychologues).

La transplantation rénale en région Centre

Ainsi, le recrutement de patients de cette activité comprend les 6 départements de la Région Centre (environ 60 % des transplantés rénaux du CHRU de Tours n’habitent pas en Indre et Loire mais dans les autres départements de la région Centre). De plus, malgré l’augmentation d’activité, les résultats du CHRU sont excellents. En effet, ces résultats sont régulièrement publiés par l’agence de biomédecine (tutelle de toutes les activités de transplantation en France). Un rapport récent a montré que la survie des patients avec un greffon rénal fonctionnel après 5 ans de greffe au CHRU de Tours compte parmi les meilleurs parmi tous les centres de transplantation en France. Il faut préciser que la transplantation rénale, comme pour les autres organes, nécessite un suivi régulier dans une structure adaptée avec un plateau technique polyvalent. Ainsi, tous les patients qui ont un greffon fonctionnel sont suivis régulièrement au CHRU (au moins deux consultations par an). Même si un certain nombre de patients ont perdu leur greffon après quelques années ou sont décédés avec un greffon rénal fonctionnel, cette cohorte représente actuellement environ 1500 patients.

Le 12 octobre 2015